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• Je me laisse lentement glisser le long du mur. La pluie ruisselle sur mes joues, déjà inondées de larmes. Je n'en peux plus. Mon corps réclame le coup de grâce. Mais la force me manque pour me donner la mort. Semi consciente, je gis dans cette rue pleine du vide de mon esprit. Les bruits de la ville me parviennent à peine. J'imagine vaguement tous ses gens qui vivent leur petite vie tranquille. Certains font les courses, le ménage, travaillent ou bien profitent d'instants précieux avec leur conjoint. Je ne les envie pas. Mon désespoir est si grand que tout ce qui m'entoure m'indiffère. Même ce S.D.F qui s'acharne à vider une poubelle de son contenu en prenant soin de faire le plus de bruit possible. Je ferme les yeux. Mon esprit ressemble à un champ de bataille. C'est comme si j'étais retombée en enfance et qu'il fallait tout me réapprendre. Je ne sais plus mon prénom, mon nom... J'ignore mon identité complète. Mais où est passé la personne que j'étais ? Je me relève comme une revenante. Debout au milieu de la rue, j'hurle un prénom... Le sien.
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• Les yeux fixés sur la porte que je viens de fermer, je me pose une question : « Est-ce une connerie ? ». Peut être. Cette femme était la seule à me faire ressentir l'amour, le vrai. Pourtant, je l'ai quittée. L'amour, c'est beau et tout ce que vous voulez, mais... Notre relation était trop parfaite. Je ne sais pas comment l'expliquer. Avec les femmes c'est toujours la même chose, dès que tout va « trop » bien, je romps. Parce que j'ai la désagréable impression que cela va mal finir. J'ai peur de souffrir. Dieu sait que quitter cette femme a été une épreuve difficile pour moi... Je l'aime. Suis-je sadique ? Car quitter quelqu'un que tu aimes, c'est comme t'arracher le c½ur à mains nues. Et moi, je n'ai plus de c½ur, je me le suis littéralement déraciné.
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• J'ai crié pendant au moins une minute, jusqu'à ce que ma voix s'éraille à en devenir un murmure inaudible. Son prénom a ricoché contre les murs de la rue étroite et sombre, à m'en faire devenir folle et a me rappelle à quel point mon âme saigne. Je tombe a genoux et pleure de nouveau. Je suis fatiguée... Fatiguée d'avoir couru jusque ici pour tenter d'échapper au désespoir qui m'a finalement rattrapée. Je suis détruite de l'intérieur, la douleur me ronge comme un acide. Je veux mourir, quitter ce monde dénudé de sentiments. Le mal hurle et mon corps ne le supporte plus. Je suis prisonnière de ma chair, incapable de mettre fin à mes jours, fin a la douleur.
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• Vide. Cette bouteille est vide. Comme mon esprit. L'alcool me brûle à présent l'estomac, mais cette douleur n'est rien face au trou béant que mon c½ur arraché a laissé... Je pleure. C'est un fait rare, je ne laisse jamais mes sentiments prendre le dessus. Je décolle dans trois heures, ma valise n'est pas encore prête. Je pars comme ça, sur un coup de tête, peut être que je ne reviendrais jamais dans cet appartement londonien. J'ai décidé de m'exiler en Allemagne, pays où j'ai passé mon enfance. J'ignore pourquoi je vais là-bas. Quelque chose m'attire vers ce territoire que j'ai quitté il y a déjà plus de vingt ans. Pus rien ne me retient ici, j'ai quitté la femme que j'aime, je n'ai pas d'enfants et mon emploi de caissier m'exaspère. Un retour aux sources ne me fera pas de mal.
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• Debout face à mon désespoir, je décide d'en finir. Je suis au bord du précipice. Les yeux dans le flou, je m'avance doucement. La nuit est claire et étoilée. Une nuit idéale pour mourir. Mes cheveux sont les pantins du vent, lâchés dans l'obscurité ambiante. J'adresse aux étoiles mes dernières paroles. Que ma mort soit douce ou violente, peut m'importe. Je souhaite mettre fin à cette douleur atroce. Mes yeux sont secs d'avoir tant pleuré. Mes mains caressent l'air reposant de cette nuit humide. La tête dans les mains, j'imagine une dernière fois son visage. Cet homme était ma raison de vivre. Mais à présent, ma raison de vivre est loin de moi. Pourquoi vivre ?
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• Je pense à elle. Les mains crispées au volant, je tente de conduire droit en regardant les lignes blanches de la route. Mon avion est dans 40 minutes et je suis à une trentaine de kilomètre de l'aéroport. Ma valise, ou plutôt mon sac, trône sur le siège passager à côté de moi avec une bouteille de vodka. Je suis un abruti. Il n'y a rien à ajouter. Mais pourquoi les phares de la voiture d'en face m'aveuglent-il autant ? J'eu à peine le temps de penser à cette question, que la réponse m'éclata en plein visage.
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